Sainctelette : une place-pont pour re-connecter les rives du canal

Considéré comme l’un des points noirs de la circulation automobile et cycliste et l’un des lieux les plus pollués de la capitale, l’espace Sainctelette-Yser bénéficiera prochainement d’un réaménagement complet de façade à façade. Un concours d'architecture international fut lancé. L’ambition du projet vise à reconnecter les deux rives du canal et propose une refonte complète de l’espace public en faveur des modes actifs et durables tout en maintenant la capacité automobile existante. C’est le projet de « place-pont » ouverte sur la ville, esquissé par les bureaux d’architecture AgenceTer – Karbon - Arcadis, qui a séduit le jury d’experts chargé de désigner le projet de réaménagement. D’un vaste carrefour, l’espace Sainctelette - Yser deviendra une nouvelle « place-pont » intégrée à son environnement urbain exceptionnel en plein redéveloppement.

L’espace Sainctelette-Yser est l’un des lieux les plus emblématiques de notre ville. Situé au croisement des grandes perspectives de l’axe canal et de celles de l’axe Léopold II, ce vaste carrefour assure la liaison entre les rives Est et Ouest du canal, le centre- ville historique, les nouveaux quartiers du canal et la commune de Molenbeek. Par sa position géographique incomparable, cet espace est également un nœud stratégique en terme de mobilité tant pour la circulation automobile, les cyclistes, mais aussi les transports publics. Des milliers de Bruxellois, cyclistes, navetteurs et visiteurs passent par cet endroit tous les jours. Pourtant, au fil du temps, l’espace Sainctelette-Yser a été réduite à carrefour ordinaire pour les voitures, un espace congestionné et pollué où les Bruxellois et les visiteurs préfèrent ne pas s’attarder.

Une mobilité repensée pour donner plus de place aux cyclistes et piétons

En terme de mobilité, le projet s’inscrit dans une volonté de rationalisation de l’emprise dédiée à la voiture afin de donner davantage de confort et de sécurité aux modes actifs tout en améliorant les flux des transports publics.

En ce qui concerne la circulation automobile, le projet maintient la capacité automobile existante mais rationnalise les bandes de circulation et leur largeur. Empêcher le trafic d'entrer dans les quartiers résidentiels étant une priorité, la fonction d'axe structurant d'absorption du trafic routier  stratégique pour l’accessibilité bruxelloise est maintenue sur la Petite Ceinture. Cette capacité est préservée grâce à un système de trois carrefours à feux coordonnés : la place Sainctelette Ouest, la place Sainctelette Est et la place de l’Yser. L’articulation entre le quai du Commerce et le boulevard de Dixmude est par ailleurs simplifiée, avec l’impossibilité physique pour les usagers en provenance de ce dernier boulevard de remonter vers la place de l’Yser. Cette simplification permet de libérer des emprises pour l’aménagement d’une station tramway qualitative, à l’interface naturelle entre le parc Maximilien, le métro Yser et la promenade vers le centre-ville.

Concernant les transports publics, un dispositif de sites propres mixtes tram-bus unidirectionnels sera réalisé en rive extérieure des deux ponts sur le canal.

Pour les piétons, les nouveaux espaces publics projetés permettront de larges zones de promenades. Des carrefours à feux ainsi que la mise en œuvre de carrefours plus compacts et coordonnés permettra d’optimiser les temps de franchissement.

Le confort et la sécurité des cyclistes est également au coeur du projet. Des pistes cyclables séparées et sécurisées couleurs ocres seront aménagées sur l’ensemble de l'espace afin d'assurer des liaisons sécurisées entre l’ensemble des voies. Les différentes traversées cyclables seront réglées par feux au niveau des points de conflit avec le mode automobile, de la même manière que pour les piétons. Ces nouvelles infrastructures s'inscrivent et viennent compléter le projet structurant d'aménagements cyclables sécurisés et séparés du trafic sur l'ensemble du pourtour de la Petite Ceinture.

  

Concours d’architecture et sélection du lauréat

Afin d’offrir à cet espace un réaménagement de haute qualité architecturale et urbanistique, un concours fut lancé fin de l’été 2017. Au terme de l’appel, 8 bureaux d'étude ont remis une candidature dont 5 furent dans un premier temps désignés à peaufiner leurs esquisses. Le jury d’experts, dirigé par le Bouwmeester, a finalement délibéré et rendu sa décision il y a quelques semaines. Le ministre a suivi l’avis du comité d’experts et a désigné l’association des bureaux d’architecture AgenceTer – Karbon – Arcadis en tant que lauréat du concours.

Un espace public homogène :  la place-pont et ses différentes placettes

La place-pont

Elément emblématique du projet, une place-pont émerge au cœur du projet là où, encore aujourd’hui, l’ensemble de l’espace est dévolu à la voiture. Il s’agit d’un nouvel espace public cohérent, simple et partagé qui par son traitement des matériaux homogène, son mobilier urbain, l’attention portée à l’éclairage, sa verdurisation rapproche les deux berges. L’outil clé pour créer de la cohérence au niveau de l’espace public est le traitement du sol continu comprenant un minimum de différences de hauteur.

Concrètement, les ponts existants sont préservés. Pour créer la place-pont, le projet propose d’augmenter la surface praticable pour les piétons et cyclistes en élargissant les côtés extérieurs des ponts actuels par l’ajout de deux passerelles (légères) piétonnes. Deux espaces nouveaux sont ainsi créés en étendant la place pour se connecter aux façades. Désormais, les quatre statues du pont ne marquent plus les limites d’un espace mais signaleront la position centrale de la place-pont et ponctueront l’étendue de sa surface.

Les nouvelles passerelles accolées aux deux ponts seront traitées dans la continuité des matériaux de la place afin d’offrir la sensation que la place traverse le canal. Un jeux de niveau minimisera l’impact du garde-corps tout en proposant un espace un peu en retrait. Le pont ne sera ainsi plus un goulot d'étranglement pour les piétons et les cyclistes, mais un balcon urbain, un lieu de séjour, et aura un rôle central.

Les placettes

Bien que le réaménagement vise une cohérence globale, 3 zones spécifiques avec différentes placettes aux identités propres composent le nouvel aménagement :

  • Les placettes le long du canal

Du côté ouest du canal (Molenbeek), la «place-pont» se décline en plusieurs placettes ou sous-espaces qui accompagnent le changement de gabarit du canal.

Côté quai des Charbonnages, les nouveaux logements, les bureaux et les activités liées au futur bâtiment Dockside activeront une placette plantée. Elle pourra accueillir des terrasses et des espaces de pause pour le quotidien. Cette placette plantée s’inscrit dans la continuité de la promenade plantée, reliant la porte de Molenbeek St Jean à l’autre berge du canal.

De l’autre côté, l’axe de l’avenue du Port est prolongé agrandissant au passage les placettes en relation directe avec le canal. La placette centrale vient chercher la proximité de l’eau en s’inclinant du côté canal, créant un nouveau balcon sur l’eau. Le monument des constructeurs du canal est conservé à son emplacement actuel. La placette reliée au quai des matériaux se veut visuellement très dégagée, devenant un observatoire pour apprécier le panorama très ouvert du paysage portuaire du bassin Béco, la perspective du canal et la nouvelle façade de Kanal. Sa pente douce est une invitation à descendre vers le parc. Le projet intègre par ailleurs la future passerelle cycliste sécurisée qui passera sous le pont.

  • Les parvis urbains et métropolitains

L’espace de l’ancien square Sainctelette se redéfinit autour des bâtiments qui le jouxtent afin de magnifier l’architecture environnante et recréer un véritable espace de rencontre qualitatif. Les voiries rassemblées au milieu permettent en effet de dégager de larges espaces sur les zones latérales, plus généreux devant le Kanal et le Kaaitheater pour accueillir des activités et animations.

Concrètement, côté Kanal, la création d’un large parvis devant les emblématiques façades du centre Kanal-Pompidou et du Kaaitheater est aménagée. Le revêtement au sol matérialise la volonté de connecter l’intérieur du showroom Kanal à l’espace extérieur. Ce motif se déploit en effet le long des façades juqu’au quai des péniches à l’ouest et jusqu’à l’entrée est côté parc Maximilien. En plus de répondre aux besoins du quotidien et à la promenade, ce nouveau parvis verdurisé pourra accueillir une diversité d’activités, tout en gardant une perspective très ouverte vers les différents quartiers alentours. Ouverture des espaces, mobilier urbain, éclairage, revêtement uniforme incitent à la promenade et contribuent à l’émergence d’une place accueillante pour toute sorte d’activités pouvant s’étaler jusqu’au-delà des nouvelles passerelles vers le Parc du Quai des Matériaux.

Côté centre-ville, l’espace s’inscrit dans le prolongement des promenades arborées du centre-ville historique arrivant de Sainte-Catherine (Quai du Commerce, Boulevard de Dixmude, ...). L’espace est fortement végétalisé, le mobilier urbain invite à la promenade et à la détente.

  • La continuité de la Place de l’Yser jusqu’au Parc Maximilien

La place Yser se redéfinit autour de deux éléments forts, le prolongement de la promenade plantée du quai du commerce et le parvis du parc Maximilien.

Côté ville, la modification du tracé des voiries rend possible la création d’un vaste espace public arboré accueillant le prolongement de la promenade plantée et le déplacement de l’arrêt de tram. Ce nouvel espace donnera plus de place à la vie de quartier, à la promenade, aux terrasses de cafés, à l’attente du tram ou encore aux parties de pétanque sous les platanes.

Côté Parc Maximilien, la reprise du carrefour de la place Yser a permis de dégager un large espace entre le boulevard Baudouin et celui d’Anvers. Il sécurise et facilite la traversée tout en marquant le prolongement de la promenade jusqu’au parc. Le parvis du parc Maximilien a été complètement redessiné comme un lieu d’approche, de mise en scène et d’orientation pour accompagner le visiteur vers le parc, vers la place et vers le musée. Sa conception associe des éléments de la place et des éléments du parc annexe. Les plantations seront dans la continuité de la logique du parc. Le sol sera minéral, dans la continuité du sol de la place Sainctelette. Dans l’alignement du bassin du parc, des jeux d’eau/ brumisateurs participeront à la mise en scène du showroom tout en prolongeant le lien à l’eau sur le parvis.

Après avoir désigné le lauréat du concours, le bureau d'étude désigné va pouvoir approfondir la définition du projet dans le courant de cette année avec comme objectif de déposer une demande de permis d’ici fin 2019. Les premiers travaux sont attendus pour le second semestre 2020. L’enveloppe budgétaire consacré à ce projet est de 9 994 687 €.

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